Il faut s’emparer de la Bretagne !
L’action bretonne, nous n’avons pas d’autre avenir
Tous mes amis le savent mais je leur demande de ne pas se contenter de le bien savoir. S’emparer de la Bretagne ne doit pas rester un vague slogan mais un impératif, un but, une vérité et il est important que les Bretons en prennent conscience chaque jour. Pour cela, nos idées, nos propositions doivent être pesées, calculées et nous ferions une grave faute, commettrions une erreur si, en cédant à des sollicitations trop flatteuses, nous nous comportions alors en un simple et banal mouvement d’opposition !
La vraie valeur d’une action bretonne consiste à éveiller, à susciter, à exalter les esprits dans un même sens, celui que nous nous imposons à nous-mêmes. C’est une méthode d’attrait : expliquer, non seulement ce qu’il faut faire, mais pour quelles raisons précises il faut le faire. Qui comprend nos idées et qui sympathise avec elles fait comme nous, nous suit et cela est valable pour les nombreux amis que nous nous sommes faits. Ces derniers nous sont très précieux et nous sommes honorés de leur adhésion. Bien sûr il y a, comme chez tous les peuples, les Bretons actifs et les Bretons passifs. Les passifs, malheureusement, bons sujets respectables, ne sont personnellement d’aucune réelle utilité par rapport à une action bretonne comme nous l’envisageons ! Qu’ils restent sagement au logis pour y attendre en repos le sort des combats. Leur présence sur le terrain pourrait être encombrante, quant à leurs adjurations déplacées elles pourraient également semer le trouble inutilement.
Il est vain de s’attacher à les convaincre et nous n’avons pas de temps à perdre devant des places que défendent l’erreur, la pusillanimité… la jactance même. Il faut passer outre. Concentrons nos forces avec les convaincus, ceux qui entraînent le peuple, ceux qui osent imaginer quelque chose d’autre que ce qui existe. En bref, visons, sachons viser ce qui agit comme ferment au sein de la pâte bretonne et sachons avoir le courage de ne jamais perdre de temps à recruter ce qui n’est pas levain, ce qui n’est pas ferment, ce qui n’est pas réactif. Inutile de remuer la plus petite phalange du petit doigt pour les conquérir, ils se manifesteront à leur heure. Ne pas se déranger pour eux nous avons mieux à faire et pour faire ce mieux-là, économisons nos efforts afin de les donner ailleurs tout aussi généreusement et beaucoup plus utilement. Avec beaucoup de sérénité et de calme, il convient de traiter tout ce petit monde-là, passifs, septiques, en mineur. Agissons bien sûr pour eux, mais sans eux. Servons leur intérêt en tuteurs généreux... Mais c’est mon peuple et malgré tout je l’aime et dans leur immense majorité les Bretons sont fiers d’être Bretons, ils n’hésitent pas à le revendiquer, haut et fort, et parfois même bruyamment, lorsque l’occasion se présente.
Aussi, agissons pour lui. Nous sommes dans notre ligne, nous suivons notre ordre, nous faisons notre fonction qui est de nous mouvoir, de lutter et pourquoi pas de troubler le repos des morts.
Préservons-nous, par dessus tout, d’une sorte d’obsession familière à de nombreux mouvements et évitons de nous hypnotiser soit sur nos fondations, même les plus solides, les plus utiles, même celles qu’il est urgent de multiplier, soit sur une formule, un slogan ou un enseignement de notre doctrine.
Fondation et doctrine ne sont que des moyens, importants certes, mais que des moyens ! L’essentiel, le seul essentiel est de nous affirmer et vite vers l’objectif. Il faut aboutir, pour aboutir choisir, ne pas se laisser distraire et ne pas se tromper sur ce que nous voulons.
Ce qui est action bretonne, c’est ce qui contribue dans quelque mesure à l’acte final. Ce qui n’est pas action bretonne, c’est tout ce qui, en donnant de petites satisfactions vaines, retarde le progrès d’une action de salut public. Nous n’avons rien à faire du côté du statu quo… cela n’avance à rien.
Padrig Montauzier
Directeur de publication
Tous mes amis le savent mais je leur demande de ne pas se contenter de le bien savoir. S’emparer de la Bretagne ne doit pas rester un vague slogan mais un impératif, un but, une vérité et il est important que les Bretons en prennent conscience chaque jour. Pour cela, nos idées, nos propositions doivent être pesées, calculées et nous ferions une grave faute, commettrions une erreur si, en cédant à des sollicitations trop flatteuses, nous nous comportions alors en un simple et banal mouvement d’opposition !
La vraie valeur d’une action bretonne consiste à éveiller, à susciter, à exalter les esprits dans un même sens, celui que nous nous imposons à nous-mêmes. C’est une méthode d’attrait : expliquer, non seulement ce qu’il faut faire, mais pour quelles raisons précises il faut le faire. Qui comprend nos idées et qui sympathise avec elles fait comme nous, nous suit et cela est valable pour les nombreux amis que nous nous sommes faits. Ces derniers nous sont très précieux et nous sommes honorés de leur adhésion. Bien sûr il y a, comme chez tous les peuples, les Bretons actifs et les Bretons passifs. Les passifs, malheureusement, bons sujets respectables, ne sont personnellement d’aucune réelle utilité par rapport à une action bretonne comme nous l’envisageons ! Qu’ils restent sagement au logis pour y attendre en repos le sort des combats. Leur présence sur le terrain pourrait être encombrante, quant à leurs adjurations déplacées elles pourraient également semer le trouble inutilement.
Il est vain de s’attacher à les convaincre et nous n’avons pas de temps à perdre devant des places que défendent l’erreur, la pusillanimité… la jactance même. Il faut passer outre. Concentrons nos forces avec les convaincus, ceux qui entraînent le peuple, ceux qui osent imaginer quelque chose d’autre que ce qui existe. En bref, visons, sachons viser ce qui agit comme ferment au sein de la pâte bretonne et sachons avoir le courage de ne jamais perdre de temps à recruter ce qui n’est pas levain, ce qui n’est pas ferment, ce qui n’est pas réactif. Inutile de remuer la plus petite phalange du petit doigt pour les conquérir, ils se manifesteront à leur heure. Ne pas se déranger pour eux nous avons mieux à faire et pour faire ce mieux-là, économisons nos efforts afin de les donner ailleurs tout aussi généreusement et beaucoup plus utilement. Avec beaucoup de sérénité et de calme, il convient de traiter tout ce petit monde-là, passifs, septiques, en mineur. Agissons bien sûr pour eux, mais sans eux. Servons leur intérêt en tuteurs généreux... Mais c’est mon peuple et malgré tout je l’aime et dans leur immense majorité les Bretons sont fiers d’être Bretons, ils n’hésitent pas à le revendiquer, haut et fort, et parfois même bruyamment, lorsque l’occasion se présente.
Aussi, agissons pour lui. Nous sommes dans notre ligne, nous suivons notre ordre, nous faisons notre fonction qui est de nous mouvoir, de lutter et pourquoi pas de troubler le repos des morts.
Préservons-nous, par dessus tout, d’une sorte d’obsession familière à de nombreux mouvements et évitons de nous hypnotiser soit sur nos fondations, même les plus solides, les plus utiles, même celles qu’il est urgent de multiplier, soit sur une formule, un slogan ou un enseignement de notre doctrine.
Fondation et doctrine ne sont que des moyens, importants certes, mais que des moyens ! L’essentiel, le seul essentiel est de nous affirmer et vite vers l’objectif. Il faut aboutir, pour aboutir choisir, ne pas se laisser distraire et ne pas se tromper sur ce que nous voulons.
Ce qui est action bretonne, c’est ce qui contribue dans quelque mesure à l’acte final. Ce qui n’est pas action bretonne, c’est tout ce qui, en donnant de petites satisfactions vaines, retarde le progrès d’une action de salut public. Nous n’avons rien à faire du côté du statu quo… cela n’avance à rien.
Padrig Montauzier
Directeur de publication
Sommaire
Buhezegezh vreizh — page 2 Editorial — page 3 Buan ha Buan — page 4 Entretien : avec l’abbé Aldalur — page 8 Politique La destra e lo stato (La droite et l’État) — page 12 Victimisation ou Reconquête ? — Page 14 Tribune libre : Que serait aujourd’hui la Bretagne si le christianisme n’avait pas été là ? — Page 16 Hent an Dazont : Votre cahier de 4 pages en breton — page 19 Écologie : Folie climatique de l’Union européenne — page 23 Chroniques bretonnes : Coracle et Currach — page 24 Saveurs et traditions : Le cidre en Bretagne : culture vivante et véritable art ! — Page 26 Tradition celtique : Le serpent dans la culture celte — page 28 Histoire de Bretagne : Anne de Bretagne et sa grande œuvre — page 30 Nature : L’abeille noire d’Ouessant — page 35 Lip-e-bav : Palourdes grises à la crème et au vin blanc — page 37 Keleier ar Vro : Lundi de Pâques à Koad Kev — page 38 Bretagne sacrée : Syncrétisme entre rites païens et religion chrétienne — page 39.