War Raok n° 77 - Automne 2026
En 1234, Pierre mène son énième et dernière rébellion, aussitôt réprimée. Louis, roi de France, lui impose une renonciation définitive à Bellême et ses dépendances, aux seigneuries d'Anjou et du Maine et lui laisse le bail (la régence) de la Bretagne jusqu'à la majorité de son fils Jean qui interviendra en 1237.
1237, Jean prend donc personnellement le gouvernement du duché, et doit réprimer la révolte d'un de ses vassaux, Pierre de Craon. Alors que les échos des batailles de son père, Pierre de Dreux dit Mauclerc, raisonnent encore dans les landes bretonnes, le jeune duc qui prend les rênes du duché n'a que 20 ans. Surnommé "le Roux" pour sa chevelure flamboyante, ou peut-être pour son tempérament ardent, il hérite d'une Bretagne forgée dans le feu des conflits. Pour autant, bien qu'ayant été élevé dans l'ombre d'un guerrier impitoyable, dans le tumulte des affrontements, Jean aura choisi une voie différente, ne partageant avec son père que l'ambition, les ardeurs autoritaires et les convoitises de pouvoir personnels. Jean est moins turbulent, impatient, bouillant que son père. Armé de prudence et de patience, son règne, bien que le plus long que la Bretagne ait connu, est celui parsemé pour le moins d'événements notables. Il est ainsi paradoxalement difficile de tisser la toile du règne ducal le plus long et le plus prospère de l'histoire bretonne !
Jean le Roux rend un hommage lige au roi de France à Melun le 16 novembre 1237. Succédant à la régence de son père, Pierre Mauclerc, connu pour ses relations tendues avec la couronne française, en prêtant serment, Jean s'inscrit dans une politique d'apaisement avec la France, renforçant l'intégration de la Bretagne dans le système féodal capétien. Cet acte est garanti par six barons bretons, ce qui souligne son importance et son caractère formel.
Quatre jours plus tard, le 20 novembre, Jean fait son entrée solennelle à Rennes où il est couronné duc à l'octave de la Saint-Martin au milieu d'un grand concours d'évêques et de barons. Dans l'église cathédrale, il reçoit des mains de Jean Gicquel, évêque de Rennes, l'épée et la bannière qui sont les marques de la dignité ducale. Il reçoit aussi l'hommage des barons, et il s'engage par serment à les maintenir dans leurs franchises et libertés. Il refuse cependant de jurer qu'il conserverait à l'église ses privilèges. Chat échaudé craint l'eau froide, les évêques de Bretagne, dont le souvenir du règne du père, toujours vivant, est vivace, s'empressent de s'en plaindre au pape, celui de Quimper excepté.
L’ordonnance de Ploërmel (12 avril 1240)
En mars 1240, un traité est conclu entre le duc Jean le Roux et Raoul de Fougères, il contient cette clause : « En ce qui touche les Juifs, le comte ou duc de Bretagne accorde au sire de Fougères que leurs usures cesseront dès le commencement des guerres. Quant aux réclamations de dettes élevées par eux, le duc veut que le sire de Fougères les juge et qu’il ait sur cette matière la même juridiction exactement dont jouit le sire de Vitré ». Insignifiant en apparence, il a toute son importance pour la suite car il nous apprend qu'à cette date, les usures des Juifs continuaient encore. Quelques semaines après ce traité, le duc Jean assemble à Ploërmel sa cour plénière. Cette assemblée, constituée d'abbés, d'évêques, de comtes, de barons et d'autres vassaux du duc, demande l'expulsion des juifs de Bretagne.
Cette même année 1240, Jean profite du transfert de l'évêque Robert de Jérusalem en tant que patriarche latin pour prendre possession des revenus de l'évêché de Nantes. Le nouvel évêque, Galeran, excommunie Jean Iᵉʳ et place le diocèse sous interdit. C'est la régale. Il rouvre ainsi la petite guerre qu'avait entamée son père, Pierre Mauclerc, sur la fin de son règne en 1235 et qui avait cessé par un accord boiteux qui ne satisfaisait personne. Par cet acte, Jean nous laisse entendre le pourquoi de son refus de jurer qu'il conserverait à l'église ses privilèges lors de son couronnement. Jean renouvelle très solennellement son serment de fidélité au roi de France Louis IX. Le 8 septembre de l'année suivante, il est armé chevalier à Melun par ce dernier en même temps qu'Alphonse, frère du roi. Toujours en 1240, Hervé III de Léon cède à Jean sa forteresse de Brest pour une rente annuelle de 100 livres, avant qu'il entre en guerre contre lui !
Enfin, probablement début 1241 cesse cette querelle commencée quelques mois plus tôt avec Hervé III, vicomte de Léon, par la mort de ce dernier. Son fils, Hervé IV, n'ayant pas le souci de la continuer et Jean n'y tenant pas d'avantage. Néanmoins les relations resteront aigres pendant deux décennies.
Deux décennies pendant lesquelles, par la dette, Jean va déshabiller petit à petit Hervé IV qui finira nu comme un ver, qui récupérera tout le comté entier pour à peine plus de 32 000 livres, ce qui est à coup sûr bon marché.
En 1242 la guerre se ré-ouvre avec l'Angleterre, le roi Louis convoque par ban tous les seigneurs qui lui doivent le service militaire. Jean répond au ban et comparait à Chinon et se borne là pendant que ses sujets, eux, combattent, avec succès, en mer les Anglais.
Si Jean ne s'implique pas dans cette guerre, c'est qu'il tient à ce que la requête qu'il vient d'adresser au roi d'Angleterre pour recouvrer son comté de Richemont soit acceptée.
Une trêve de cinq ans est conclue à Bordeaux entre la France et l'Angleterre le 7 avril 1243. Jean y voit l'occasion de renouveler sa tentative de récupération du comté de Richemont.
Le 20 mai 1245, le pape Innocent IV s'adresse aux évêques de Bretagne et déclare que tous les Bretons, duc compris, sont tenus d'observer fidèlement les prescriptions de la bulle de son prédécesseur Grégoire IX sous peine d'encourir l'excommunication.
Le 17 juin 1245, Jean arrive à ses fins : un acte du roi d'Angleterre promet au prince Jean de Bretagne, « notre cher fils », dit-il, une pension annuelle de 2000 marcs fixes, dont 1800 (c’est-à-dire 1200 livres sterling) qui représentent la valeur du revenu du comté de Richemont, tant qu’il ne pourrait pas lui donner le comté lui-même. Cela, évidemment, ne court qu'à compter du mariage entre Jean et Béatrice, la princesse d'Angleterre, et celle-ci n'a qu'un an…
L'excommunication et l'interdit prononcés en 1240 ne sont finalement levés par le pape Innocent IV que le 29 mai 1247, quand Jean fait parvenir sa soumission au Très Saint Père. Mais le conflit n'avait pas cessé pour autant, Jean prétendant que puisqu'il n'est pas nommé dans la bulle de Grégoire IX en 1230, elle ne le concerne pas.
En 1248, il entre en possession de la tour neuve à Nantes dont il a lancé la construction vers 1237. Jean construit littéralement un château ducal sur un terrain appartenant à l’évêché, situé à l’intérieur des murs de la ville !
En 1250, il acquiert Muzillac.
Malgré ces conflits, Jean Iᵉʳ fonde l'abbaye cistercienne de Prières en 1252, en partie pour compenser la suppression du prieuré de Coëtlan au profit de son château de Suscinio.
En 1254, Jean doit soutenir une guerre dont Olivier le Vieil, sire de Clisson, est l'instigateur. Abandonné dans cette quête par ses frères qui se rangent du côté du duc, Olivier trouve le moyen d'engager dans son parti plusieurs barons de Bretagne. Alain d’Avaugour, fils de ce Henri dépouillé par Pierre de Dreux, et qui avait en partie rétabli sa fortune par son alliance avec l’héritière de la seigneurie de Dinan est de ceux-là.
Cette même année 1254, pragmatique, Jean renonce à l'expectative de la succession au royaume de Navarre en faveur de son beau-frère contre une compensation financière annuelle de trois mille livres.
En 1256, le 7 avril, Jean se rend à Rome, il vient de faire la paix avec l'église de Nantes et vient faire acte de soumission complète aux prescriptions des bulles de Grégoire IX en présence de deux cardinaux et du successeur du pape Innocent IV mort en 1254, Alexandre IV. Dès lors, l'entente avec le clergé devient cordiale.
En 1257, Jean attaque Dinan et brûle la ville, ce qui décide Alain d'Avaugour à se retirer de la ligue. Olivier de Clisson, désormais seul face à la colère du duc, se met sous la protection du roi de France et convoque Jean à la cour de ce dernier. En réponse, Jean s'empare du château et de la seigneurie de Clisson en 1260.
Le 28 mars 1259, la paix est rétablie entre la France et l'Angleterre. Dès le mois de mai, Jean fait une demande pour son fils, alors âgé de 20 ans maintenant, la main de sa promise, la princesse Béatrice âgée de 15 ans.
À l'automne 1259, le roi et la reine d'Angleterre rendent visite au roi de France, on profite de l'occasion pour célébrer en grande pompe le mariage dans l'église abbatiale de Saint-Denis en novembre. En parallèle, le duc continue sa campagne de réconciliation avec l'Église, il est autorisé à garder le terrain et la forteresse qu'il a bâti en payant à l'évêque une rente annuelle de 55 sols. Bien qu'il connaisse de nombreuses autres évolutions, le fondateur du château de Nantes, c'est Jean le Roux !
En 1260, Jean s'entend même avec l'évêque de Nantes, Géleran, pour réédifier à frais commun le pont sur la Loire qui menace de ruine. Nous parlons ici sans doute du pont de Pirmil qui est mentionné déjà au IXᵉ siècle sous le règne d'Alain le Grand. L'hypothèse de sa construction en 877 est avancée même si, à l'époque, il ne s'agit que d'une simple passerelle en bois qui est régulièrement emportée par les crues et les glaces. Cette même année, il se réconcilie également avec le prince du Léon Hervé IV.
En 1261, il agit pour obtenir réparation du grave attentat contre la juridiction temporelle de l'évêque de Saint-Malo commis par Olivier de Kergoët. Voir, entre autres, l'engagement conclu par lui en 1267 avec l’évêque de Tréguier. Par ces nombreux actes depuis 1256, Jean tient fidèlement la promesse faite par lui de protéger les églises, les droits et les personnes qui en dépendaient.
En 1261, Henri III arme son gendre chevalier à Londres. En février 1262, Jean répond à la convocation du roi de France et comparait à Paris au Parlement de la Chandeleur avec Olivier de Clisson. Un accord est conclu le 1ᵉʳ mars qui suit : Jean se dessaisit du château et de la seigneurie de Clisson au profit du fils d'Olivier le Vieil, Olivier le Jeune, qui a pour charge de subvenir aux besoins de son père et de payer, en réparation de méfaits commis par ce dernier contre le duc, une amende de 4000 livres tournois.
Derrière une façade de sagesse se cache un duc rusé !
On commence à comprendre que la politique de Jean est pécuniaire, il n'est d'ailleurs jamais le dernier à tendre la main à un baron qui connaît quelques embarras financiers en lui prêtant une bonne somme qu'il n'hésite pas à renouveler, même à augmenter, sans difficultés et à plusieurs reprises. Et quand la dette est trop grande pour être remboursée, Jean saisit terres et seigneuries pour les annexer au domaine ducal, comme ce fut le cas pour la seigneurie de Lanvaux par exemple. Les guerres de Jean sont des guerres d'usure.
En 1264, Jean acquiert la châtellenie de Dinan et le château pour un prix plus doux encore que le comté du Léon, 16 000 livres, en exploitant la folie d'Alain d'Avaugour qui tenait Dinan de sa mère Marguerite. Fou au point qu'on lui enlève la tutelle de son fils Henriot pour la donner à l'aïeul d'Henri d'Avaugour.
C'est en réalité encore une manœuvre réalisée à l'aide de son fils Pierre. Le 19 novembre 1265, nous le voyons faire cession au duc Jean le Roux de « toute la terre de Dinan et Lehon » achetée sous son couvert, et en outre, des seigneuries de Hédé, d’Hennebont et de la Roche-Derrien.
Bien que le roi de France l'oblige en 1267 à reconnaître le droit d'Henriot qui avait réclamé son dû, Jean reprend le procès qui se conclut 16 ans plus tard, en 1283, par une transaction qui voit Jean prendre possession de la ville et de la châtellenie de Dinan contre une modeste compensation.
En 1268, Jean voit enfin le comté de Richemont lui être restitué. Il est remis entre les mains d'Alain d'Assérac, noble breton envoyé par Jean, et qui, sur ordre du duc, en investit aussitôt son fils, l'époux de la princesse Béatrice.
Cette même année 1268 se produit un événement qui va à jamais changer l'histoire. Dix-huit cardinaux se réunissent dans le palais des Papes de Viterbe pour élire le nouveau pontife. Il s'agit, selon de nombreuses sources historiques, du plus long « conclave » de l'histoire. Le pape est élu après deux ans et neuf mois. Pendant cette longue période, les habitants de Viterbe, exaspérés, décident d’enfermer les cardinaux dans le palais. Mais les cardinaux ne se pressent pas plus, alors on les met au pain et à l'eau et, pour moins de confort encore, les portes sont murées, le toit enlevé. Grégoire X, archidiacre de Liège, alors en Terre sainte, est finalement élu.
En 1270, Louis décide de partir pour une seconde croisade, Jean n'hésite pas à l'accompagner. Le 17 avril 1270, il quitte Suscino avec sa femme, Blanche de Champagne, son fils Jean et sa femme Béatrice et plusieurs seigneurs bretons, Guillaume II de Bruc, Prégent II de Coëtivy, Pierre de Kergolay et Geoffroy de Rostrenen, pour se rendre à Marseille. De là, en juillet, il se met en mer tandis que Louis s'embarque lui à Aigues-Mortes. Ensemble ils débarquent à Carthage et s'attachent au siège de Tunis.
Le 25 août, le roi Louis meurt, toute l'expédition reprend la route de la France et s'y retrouve en novembre 1270. Le duc Jean rentre en Bretagne tandis que son fils, en compagnie de son beau-frère le prince Édouard, se rend en Syrie, à Ptolémaïs où il mène quelques exploits avant de rentrer en 1273 avec des religieux de Carmes dans ses bagages qui fonderont le couvent de Ploërmel.
En 1274, il promulgue la constitution Ubi periculum par laquelle le conclave est officiellement établi. Celle-ci stipule notamment que le conclave doit se tenir dans un lieu « fermé » de l'intérieur et de l'extérieur. C'est la naissance du terme en lui-même, conclave, « cum-clave », « fermé à clé ». Selon ces dispositions, le premier conclave de l'histoire, après la promulgation de la constitution Ubi periculum, est celui d'Arezzo en 1276 avec l'élection d'Innocent V.
Jean, lui, se tiendra dans son pays et s'affairera à le garder paisible, comme nous le décrit Pierre le Baud :
« Après le retour de Thunes (Tunis) se tint et demeura le duc Jean de Bretagne.
En son pays paisible, où il se peina à faire régner justice, en supportant et gardant d’oppression les pauvres et misérables personnes, et domptant par sa puissance les rebelles et orgueilleux qui ne voulaient obéir aux lois. Toutefois en toutes choses il garda équité ».
Mais il n'avait pas moins d'ambition que son père et les autres seigneurs de son temps. Ce qui le différencie le plus, c'est la méthode : non plus l'épée brandie haut, mais la plume acérée des actes notariés, les procès interminables et les négociations retorses.
Son règne, le plus long de l'histoire ducale bretonne, près de 50 ans, jusqu'à sa mort en 1286, sera marqué par une paix relative, une administration astucieuse et une expansion territoriale qui feront de lui le bâtisseur discret d'un duché plus uni et plus riche. Mais ne nous y trompons pas, derrière cette façade de sagesse se cache un duc rusé, prêt à tout pour agrandir son domaine, y compris à piéger ses vassaux dans des dettes insurmontables. Ce qui dominait en lui, c'est le père de famille, soucieux de livrer à sa famille la meilleure situation possible.
De 1239 à 1251, il eut avec le concours de sa femme Blanche de Champagne pas moins de 8 enfants : Jean, né le 3 janvier 1239, qui fut baptisé par Cadioc, évêque de Vannes, et qui succède à son père sur le trône de Bretagne. Pierre, né à Châteaulin en 1241, mort en 1268, qui l'aura aidé dans son entreprise d'expansion du domaine ducal pacifique. Alix, née en 1243, mariée à Jean de Châtillon, comte de Blois, morte en 1288. Thibaud, né en 1245, mort le 25 octobre 1246. Un second Thibaud, né en 1247, mort l’année suivante. Aliénor née et morte en 1248. Nicolas, né en 1249, mort en 1251 et Robert, né en 1251, mort en 1259.
Si Jean a le malheur de voir la majorité de ses enfants ne vivre guère longtemps, il a le bonheur de voir naître son petit-fils, Arthur, né de son fils Jean et de son épouse Béatrice le 25 juillet 1262, appelé à devenir plus tard le duc Arthur II de Bretagne, et même, son arrière-petit-fils, Jean, né le 8 mars 1286, appelé à devenir duc de Bretagne sous le titre de Jean III.
Zélateur de la foi, juste vengeur des crimes, protecteur du pauvre et du faible…
Sept mois après cet ultime bonheur, Jean Ier de Bretagne, 70 ans, trépasse le 8 octobre 1286. Son corps est inhumé dans le chœur de l’église de l'abbaye de prières qu'il a fondée en 1252, et recouvert d’une dalle portant l’inscription suivante : « Ici repose un duc qui gouverna cinquante ans la Bretagne ; il eut le bras robuste, la figure belle ; fondateur de ces lieux, il triompha de ses ennemis par sa prudence, et doubla justement ses droits par sa vigilance ; zélateur de la foi, juste vengeur des crimes, protecteur du pauvre et du faible, défenseur du clergé et pacificateur du pays, il dompta tous les rebelles. Il mourut l’an mil deux cent quatre-vingt-six, dix jours avant la fête de saint Luc. Qu'il soit toujours avec Dieu ! ».
Le tombeau subsiste jusqu'en 1715. On l'ouvre alors afin d'en retirer les reliques du duc et les mettre à part pendant la construction de la nouvelle église. En 1726, on les dépose dans un cercueil en pierre, accompagnés de ceux de l'épouse de son arrière-petit-fils, le duc Jean III, Isabelle de Castille, et on les inhume sous le pavé du chœur du côté de l'Évangile, en y mettant une table de marbre et l’inscription suivante : « Ci-gît l’illustre prince de Bretagne, Jean dit le Roux, homme d’une belle figure, d’un bras très fort, redoutable à ses ennemis, aimant la religion, très juste vengeur des crimes, défenseur du clergé et des pauvres, fondateur et principal bienfaiteur de ce monastère, mort le 8 octobre de l’an du salut 1286 ». Cette dernière est brisée par les soldats en 1793, mais ses débris sont retrouvés lors de la démolition de l’église en 1841. Le cercueil en pierre, retiré du sol, est replacé en 1842 dans la chapelle du manoir bâti avec les restes de l'église, du côté de l'Évangile, et signalé par l’inscription suivante : « Ci-gît Jean Iᵉʳ, duc de Bretagne, fondateur de l'abbaye de prières en M.C.C.L.X.X.X.V.I. ».
Quant à sa féconde épouse, Blanche de Navarre, elle le précède de 3 ans dans la mort, en 1283 à 47 ans au château de Hédé, et est inhumée dans l'abbaye de la Joie d'Hennebont, fondée par elle le 5 août 1275 pour des sœurs de l'abbaye Saint-Antoine-des-Champs de Paris et leur abbesse Sibille de Beaugé, cousine germaine de la duchesse. Son fils le duc Jean II lui élève un splendide tombeau de cuivre commandé à Limoges. Seul son gisant en a été conservé. Il a été déplacé à Paris dans les collections du musée du Louvre, qui l'expose désormais à Lens.
Le duc Jean Ier est mort, vive le duc Jean II, beau-frère et meilleur ami du roi Édouard I d'Angleterre, compagnon de croisade en Palestine.
Anton Kenouenn
Source : Les chroniques bretonnes.
Bibliographie
- « Jean Ier, duc de Bretagne », Frédéric Morvan
- « Le duc de Bretagne, Jean Ier le Roux », Frédéric Morvan
- « Histoire de Bretagne, tome 3 », Arthur Le Moyne de La Borderie
- « Actes de Jean Ier duc de Bretagne », Marjolaine Lémeillat.




