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MOUEZH BREIZH, LA VOIX DE LA NATION BRETONNE

Nouvelle attaque contre la langue bretonne


Rédigé le Vendredi 17 Mai 2024 à 08:40 | Lu 2 commentaire(s)



in War Raok ! - n° 51 - Mai 2018

Après l’interdiction du prénom Fañch (dont l’affaire est actuellement en appel), voilà que le service de l’état-civil de la bonne ville de Rennes avec le renfort du représentant de l’autorité française en Bretagne, Monsieur le procureur de la république, interdisent à des parents de donner, en Bretagne, un prénom breton à leur enfant. Le prénom en cause : Derc’hen. Pour quel motif le magistrat refuse d'accéder au désir de parents qui souhaitent donner à leur enfant un prénom breton traditionnel ? La raison : une apostrophe. Oui vous avez bien lu, une simple apostrophe. Pour se justifier, le magistrat invoque une circulaire du 23 juillet 2014 relative à l'état-civil qui liste de manière exhaustive les signes pouvant être utilisés pour le choix d'un prénom. Or, l'apostrophe n'y figure pas. C'est ce même argument qui avait été utilisé par son collègue de Quimper pour s'opposer au prénom breton, Fañch, qu'avaient choisi les parents. (Le ñ n'est pas cité lui non plus dans ladite circulaire). Cette circulaire de 2014 est ambiguë. Après avoir précisé la liste exhaustive des signes diacritiques autorisés, elle ajoute que tout autre signe diacritique attaché à une lettre ou ligature ne peut être retenu pour l'établissement d'un acte de l'état-civil. Il faudrait donc exclure tout prénom mais aussi tout patronyme doté d'une apostrophe. Il est tout de même utile de rappeler qu’en breton, la lettre « C’H » est régulièrement utilisée et se retrouve dans bien des noms de lieux ou de famille.

Il faut quand même souligner que la ville de Rennes, dans le même temps, a accepté des prénoms d'origine étrangère possédant eux aussi une apostrophe, et ce après l'entrée en vigueur de la circulaire de 2014 : N'Guessan et Chem's, en 2015, D'jessy en 2016, N'néné et Tu'iuvea en 2017. Quatre appellations d'origine africaine et polynésienne, en l'occurrence. Comment la municipalité rennaise peut-elle justifier que sur le sol breton, des prénoms d'origine étrangère soient autorisés tandis que des prénoms traditionnels bretons soient refusés ?  

Le ridicule ne tuant pas, la municipalité de Rennes a depuis avancé un argument des plus surréalistes : « Les officiers de l'état-civil ont en effet accepté des prénoms contenant une apostrophe, car ils ont considéré que, dans ces cas précis, l'apostrophe ne changeait pas la prononciation du prénom. Alors qu'en langue bretonne le C'H change la prononciation ». Un nouveau délit vient d’être inventé, le « délit de sonorité ». 

Devant les nombreuses réactions, le procureur fait savoir qu'il va procéder, de manière précise et détaillée, à un nouvel examen de cette situation juridique, en lien avec l'administration centrale. Chose faite puisque le parquet général de la cour d’appel de Rennes et le parquet du tribunal de grande instance de Rennes ont décidé que le prénom sera rectifié et remplacé à l’état-civil par Derc’hen, avec l’apostrophe. Les instructions destinées à autoriser l’utilisation de l’apostrophe dans le choix des prénoms vont être rapidement transmises à l’ensemble des procureurs de la République du ressort de la cour d’appel de Rennes, font savoir les magistrats. 

Les prénoms bretons ne sont pas les seuls impactés par le texte de 2014. Au Pays Basque, c’est une petite Aña qui a connu des déboires similaires à la mairie de Bayonne en 2011. Là-bas, les prénoms à tilde ne manquent pas et sont confrontés aux mêmes obstacles que les Bretons. Aloña, Begoña, Beñat, Eñaut, ou encore Iñaki n’ont pas, eux non plus, retenu l’attention de l’Académie française. Une rigueur administrative à laquelle sont aussi soumis des parents catalans.

 

Mael Le Cosquer.


La fontaine de Sant Derc’hen :

Située dans une petite localité où l'on vénère ce vieux saint breton connu pour avoir été le compagnon de saint Néventer, Derrien est évolué d'un ancien « dergen », de très bonne naissance. La légende dit qu'il aurait débarrassé la région de La Roche-Maurice d'un dragon qui y ravageait les cultures. Sant Derc’hen demeure le patron de l'église paroissiale et l'édifice actuel, datant du XVIème siècle, abrite une statue en bois polychrome représentant le saint en soldat romain avec un dragon à ses pieds.



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